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LE CRIME NE PAIE PAS

a French reader by Huguette Zahler

(Parenthèse : Nos deux amis avaient eu droit à deux semaines de vacances à la fin du mois d’août. Ils étaient allés à …….Perpignan ! Et oui, Jean-Pierre et Elodie ( qui voyait régulièrement une psychologue et ne volait plus) sortaient ensemble. Liz était venue également et, de Perpignan, avec la voiture prêtée par le père d’Elodie, ils étaient allés en Espagne : des vacances merveilleuses mais trop courtes !)
Carte de FranceMAP21

Chapitre 17 : Le professeur d’histoire du Lycée Honoré de BalzacHonoré de Balzac : grand écrivain du 19ème siècle. Il a écrit 137 romans. Son but était de décrire «la condition humaine».

MAP17 
 

Cette année, la rentrée avait eu lieu le mercredi 2 septembre et c’est une semaine plus tard que nos deux amis ont été envoyés en «mission» au Lycée Honoré de Balzac, dans le 17ème arrondissement. Les «missions» dans les lycées étaient assez rares et très secrètes. Il s’agissait d’envoyer des policiers qui se faisaient passer pour des surveillantsDans les lycées et les collèges, les surveillants s’occupent de la discipline, de l’ordre dans les couloirs et à la cantine. Ces postes sont réservés à des étudiants d’université qui ont besoin d’un peu d’argent. afin de résoudre un problème sans trop déranger la vie de l’établissement.

Jacques et Jean-Pierre avaient reçu leurs (fausses) cartes d’étudiants – l’un en littérature américaine et l’autre en littérature allemande. Personne ne devait savoir qui ils étaient. On leur avait simplement dit que quelques élèves de 1ère LIl y a trois sections pour le bac : section L (littéraire), ES (économique et sociale) et S (maths et sciences). semblaient très agités et qu’il fallait absolument les calmer pour que leur année scolaire se passe bien.

Leur rôle de surveillant était très amusant. Ils se promenaient dans les couloirs pendant les cours et, aux inter-cours, ils devaient surveiller spécialement les élèves de 1ère L

 

JACQUES

Cela me rappelle mes années au lycée de Bordeaux! Les pauvres surveillants, on leur en a fait voir de toutes les couleurs!

JEAN-PIERRE

Nous aussi, on en avait un qu’on appelait «peau de vache»!

JACQUES

Nous, il y avait un pionCe mot est de l’argot. Un pion = un surveillant.
En français, il y a trois niveaux de langue. Le niveau soutenu, élégant : la langue écrite ; le niveau courant : la langue de la conversation et l’argot : la langue parlée par un groupe socio culturel, ici les Jeunes.
qui n’avait aucune autorité, on lui faisait croire que le professeur était malade et on rentrait chez nous….

   

Ils étaient justement dans le couloir où les élèves de 1ère L avaient leur cours d’histoire. Un bruit extraordinaire venait de la classe : des chaises qu’on bougeait, ce qui ressemblait à des insultes et une toute petite voix qui essayait de rétablir l’ordre.

   

JEAN-PIERRE

Tu crois que le prof n’est pas là?

JACQUES

Si, je l’ai vu entrer. C’est Monsieur Moreau, leur prof d’histoire. C’est aussi leur prof principal.

JEAN-PIERRE

Le jeune homme qui a l’air d’un élève? C’est sans doute son premier poste.

JACQUES

Oui, de quoi le dégoûter de la profession. On entre?

JEAN-PIERRE

Il faut un prétexte, autrement son autorité sera encore plus diminuée.

JACQUES

J’ai une idée. Suis-moi.

   

Nos deux amis sont ainsi entrés, après avoir brièvement frappé, et Jacques, faisant semblant de lire un papier qu’il tenait à la main:

   

JACQUES

Excusez-nous, nous cherchons Aude Germain, elle est bien dans cette classe?

UN ELEVE

très fort : Non, il n’y a ni Aude, ni Germain ici!!!!

UN AUTRE ELEVE

Vous vous êtes plantésCe mot est de l’argot. Se planter = se tromper.
En français, il y a trois niveaux de langue. Le niveau soutenu, élégant : la langue écrite ; le niveau courant : la langue de la conversation et l’argot : la langue parlée par un groupe socio culturel, ici les Jeunes.
les mecsCe mot est de l’argot. Un pion = un surveillant. Les mecs = les garçons (féminin : les nanas ou les meufs).
En français, il y a trois niveaux de langue. Le niveau soutenu, élégant : la langue écrite ; le niveau courant : la langue de la conversation et l’argot : la langue parlée par un groupe socio culturel, ici les Jeunes.
………

JEAN-PIERRE

Ah bon, excusez-nous…..

   

Avant de sortir de la classe, les deux détectives avaient remarqué les quatre élèves qui semblaient les chefs du désordre.

   

JACQUES

Il y a les deux garçons qui nous ont répondu, de manière très impolie.

JEAN-PIERRE

Oui, et il y avait un garçon et une fille, au premier rang, face à ce pauvre Monsieur Moreau qui était rouge comme une tomate.

JACQUES

Donc, les meneurs sont trois garçons et une fille.

   

La fin du cours venait de sonner et les élèves sortaient en se bousculant et en bousculant presque les adultes qui se trouvaient dans le couloir.

Monsieur Moreau, lui, n’était pas sorti et nos deux amis ont décidé d’entrer dans la salle et de lui parler.

   

JEAN-PIERRE

Monsieur Moreau?

M. MOREAU

la tête dans les mains, les coudes sur le bureau : Je n’y arriverai jamais!

JACQUES

Mais si, voyons, ils ne sont pas si méchants, ils font les intéressants pour impressionner les autres.

JEAN-PIERRE

Vous savez, il n’y en a que quatre. Il suffit de les neutraliser et nous nous en chargeons.

M. MOREAU

Non, cela ne servira à rien, c’est moi, MOI! Jamais je n’aurais dû être prof, c’est évident.

JACQUES

Ecoutez, allez prendre un café. On va voir ce qu’on peut faire.

C’était l’heure du déjeuner et la plupart des élèves étaient sortis. Certains mangeaient à la cantine, mais, selon les deux détectives, les fortes têtes mangeaient dehors.

Les quatre élèves qu’ils avaient repérés étaient en effet au Café Balzac, à manger un sandwich, fort occupés à discuter, à voix basse, de quelque chose d’important. Ils connaissaient Jacques et Jean-Pierre qui n’ont donc pas pu s’approcher suffisamment pour entendre.

 

JACQUES

Je suis certain qu’ils préparent un mauvais coup!

JEAN-PIERRE

Regarde, sur l’emploi du temps, ils ont une réunion de classe avec leur prof principal, juste après le déjeuner.

JACQUES

Oui, et c’est Moreau, justement.

JEAN-PIERRE

Je me demande de quoi ils vont parler?

   

Par les autres surveillants à qui ils ont posé la question, ils ont appris que l’élection des délégués de classe devait en effet avoir lieu à la prochaine réunion.

   

JACQUES

Ils veulent donc être élus délégués.

JEAN-PIERRE

Ou bien semer la pagaille pendant la réunion.

JACQUES

Pauvre Monsieur Moreau, j’imagine la scène.

JEAN-PIERRE

Il faut qu’on reste dans le couloir…..

   

Les cours de l’après-midi avaient commencé. Monsieur Moreau avait été le dernier à entrer dans la salle des 1ère L où régnait un silence inquiétant. Nos deux amis se trouvaient dans le couloir, juste derrière la porte, prêts à intervenir.

La voix d’un des trois garçons qu’ils avaient repérés:

LA VOIX

Bon, c’est décidé, Paul et moi-même, nous sommes les délégués. Objections?

Une voix féminine du fond de la classe:

LA VOIX FEMININE

Mais, il faut des élections…..

La voix de la fille qui faisait partie du groupe:

LA VOIX DE LA FILLE

Nous, on a décidé qu’il n’y en aurait pas! C’est bien compris, Monsieur Moreau?

   

Avant même la réponse du professeur, la même voix, s’approchant:

   

LA VOIX FEMININE

Non, nous ne sommes pas d’accord. Nous voulons des élections, n’est-ce pas tout le monde?

   

C’est au moment où il y a eu un bruit de chaise renversée que Jacques et Jean-Pierre ont fait irruption dans la classe. Les quatre meneurs s’étaient jetés sur la fille qui s’avançait vers le devant de la classe.

   

JEAN-PIERRE

Assez, arrêtez! Où vous croyez-vous? Vous êtes fous!

JACQUES

relevant la jeune fille qui saignait du nez : Vous allez bien? Venez à l’infirmerie.

JEAN-PIERRE

Et vous autres, venez chez le Proviseur! Vous êtes bon pour un Conseil de discipline!

JACQUES

Vous savez que c’est un crime de s’opposer au processus démocratique!

JEAN-PIERRE

Et d’exercer la violence à l’école! Vous apprendrez vite que LE CRIME NE PAIE PAS.

   

Une demi-heure plus tard les quatre meneurs étaient renvoyés chez eux pour une semaineLes sanctions, dans un collège ou un lycée, dépendent de la gravité de la «faute». Cela peut aller d’une simple réprimande à un renvoi d’une journée ou, d’une semaine, jusqu’ à l’exclusion permanente. et nos deux amis, passant devant la classe de 1ère L. ont été très heureux d’entendre une discussion intéressante sur le système démocratique et ses origines entre les élèves de 1ère L et leur bien jeune professeur.

   

 

 
 

17th Arrondissement: Secteur Ouest: Monceau-Ternes, Secteur Est: Batignolles-Epinettes (65th quartier: Ternes, 66th quartier: Plaine-Monceau, 67th quartier: Batignolles, 68th quartier: Epinettes)

 
 

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